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Ce travail photographique se déploie sur deux axes. Le premier interroge l’avenir même de notre capacité à produire des images : comment pourrons-nous photographier dans 150 ans ? Quels médiums pourrons-nous utiliser dans un monde contraint énergétiquement, et comment préserver la singularité du regard à travers ces nouveaux gestes techniques ?
Le second questionnement porte sur la mémoire : quelles traces essentielles de nos existences pourrons-nous transmettre ? Quels vestiges de nos vies, quels échos de civilisation pourront encore traverser le temps ?
Pour explorer ces questions, j’ai choisi de travailler avec la technique dite de résinotype. Ce procédé photographique pigmentaire, non argentique, engage une autre temporalité du geste photographique. Il allie les principes d’apparition de l’image à ceux de la peinture, par l’utilisation de pigments qui viennent révéler les zones sensibles. Ici, la photographie n’est plus seulement un instant capturé, mais un dialogue lent avec le support et la matière.
En expérimentant cette forme, je cherche à concevoir une pratique photographique compatible avec un monde sobre en ressources, et à ouvrir une réflexion plus large sur la mémoire que nous laissons. Dans les failles, les inquiétudes, les fractures du monde, j’essaie de capter ce qui persiste, ce qui résonne — ces espaces d’or lumineux qui dessinent encore des possibles.